Chapitre 2 :
Bienvenue sur Terre
Il était environ 16h20, le 5 janvier 1985. Il faisait très froid en cette fin d'après midi d'hiver. Le sol était recouvert d'une couche de glace. Même l'herbe était gelée. Chaque petite brindille était figée. Le ciel était grisâtre. Il n'y avait pas un bruit, seul un silence glacial subsistait. Mais une résonance le brisa vite. Quelque chose gronda dans le ciel. Une petite navette traversa le ciel à vive allure, prête à s'écraser sur le sol. Mais au dernier moment, une bulle se forma autour, et l'arrêta à 2 mètres du sol. Elle se stabilisa, tourna sur elle même, et inclina le nez vers le sol. Un grondement se fit, le sol trembla. Des rochers en sortirent sur une surface d'une trentaine de mètres. Une grotte se forma et se fondit dans le décor. Les rochers étaient couverts d'herbes. Les arbres qui se trouvaient autour la rendaient presque naturelle. Une personne aurait pu croire qu'elle était là depuis toujours. L'endroit ne semblait de plus pas très fréquenté. Et l'entrée de la grotte était relativement discrète. Le petit vaisseau pénétra à l'intérieur. Il alla au plus profond de la grotte, puis, il libéra une petite capsule assez grande pour contenir une personne de taille adulte. Celle-ci se posa en douceur sur le sol. Le reste de la navette se posa à côté. Des petits bruits sortaient du compartiment qui se situait à l'arrière de la place occupée par la capsule. Il semblait qu'un travail interne était en train de se dérouler.
Lundi 15 septembre 2003. Il faisait un soleil radieux ce jour là. Il était 9 heures du matin, mais déjà la température était agréable. Metz était une ville magnifique. Un petit coin de paradis pour les étudiants de l'Ile du Saulcy. Cette île était le maître lieu de la plupart des facultés de Metz. Il y avait un autre Campus, Bridoux, mais très petit face au Saulcy, qui ne comptait pas moi de 11 000 étudiants. C'était une petite ville qui s'animait tous les matins dès 8 heures. Les cours de musicologie venaient de commencer au dernier étage du bâtiment de lettres. Le directeur de cette section était M. Depoutot, professeur qui était surtout spécialisé dans l'art vocal, mais qui pourtant, n'enseignait pas en priorité cette matière. Ses mimiques et sa façon de parler étaient certes assez spéciales. Mais pourtant, c'est ce qui lui permettait d'entendre de la part de ses étudiantes, le plus souvent : "J'adore!", malgré son âge assez avancé et ses cheveux gris. La promo de L1 était assez grande (pour une faculté de musique) : environs 80 étudiants. Lorsque le cours se termina, une dizaine d'élèves restèrent dans la salle pour pouvoir essayer le piano à queue, 2 quarts, noir, et totalement désaccordé, ce qui pouvait, en écoutant mal, lui donner un timbre ancien. Christophe, étudiant aux cheveux noirs, voyant que personne n'osait prendre place sur le tabouret, décida d'ouvrir le bal. Il s'installa au piano et commença à exécuter un prélude de Rachmaninov, connu pour sa difficulté au niveau de l'action des doigts. Les autres en restèrent bouche bée ! A la fin du morceau, il reçu une petite ovation, et une fille, qui semblait être la plus jeune lui demanda avec un sourire admiratif :
- Ca fait longtemps que tu en fais ?
- Oui assez, répondit-il. J'ai commencé à l'âge de 5 ans. Donc ça va faire 14 ans.
- Au Conservatoire de Metz ?
- Non. Lyon. J'y ai vécu là bas jusqu'à maintenant. Mes parents y vivent toujours, mais moi, j'ai pris un appart sur Metz pour venir suivre mes études ici.
- Excuse-moi, mais... demanda timidement une autre femme aux longs cheveux blonds, pourquoi tu es venu en fac de musique ici?
- Parce que je joue peut-être bien, mais le niveau de la fac de Lyon est assez lourd. Même très! Il y a 3 types d'histoire de la musique différents, et d'après les dires, rien qu'un seul est déjà très conséquent! Et Metz a toujours été une ville que j'aimais beaucoup. Je venais souvent chez mon oncle qui habitait ici, mais qui a déménagé sur Paris maintenant.
Il posa ses yeux sur un homme qui était resté un peu à l'écart de tout le monde. Il lui demanda :
- Ca va ?
- Mais parfaitement. Je t'écoutais parler et je n'osais pas t'interrompre. Je pense qu'on pourrait peut-être se présenter maintenant. Je m'appelle Maxime.
- Et moi Christophe.
Il regarda les deux demoiselles. La première s'appelait Julia, la deuxième Karine. Un autre garçon, aux allures assez strictes se présenta. Yvan, de son prénom.
Après les quelques présentations des autres étudiants, ils décidèrent d'aller manger ensemble pour faire plus ample connaissance. Maxime intriguait beaucoup Christophe. Il semblait... différent à ses yeux. Comme si il ne savait pas où il était.
Le repas se passa, et tous furent surpris d'apprendre que Julia allait sur ses 19 ans, elle en faisait pourtant moins. « Choupinnette », la surnomma Karine, qui elle avait 18 ans, mais en faisait nettement plus. L'après-midi commença par histoire de la musique. Et là, ils comprirent leur douleur. Le professeur était M. Prevost. Il avait une allure inoubliable : toujours en costume, et une coupe de cheveux parfaite ! Il semblait très perfectionniste. A la sortie de ce cours, tous se tournèrent vers Christophe et il entendit plusieurs fois répéter : « t'as pas menti !».
Le dernier cours de la journée était le cours de Chorale, où les trois années de licence étaient réunies, dirigées par M. Jacquard, un professeur très apprécié des étudiants, car toujours souriant, et "super sympa", comme les étudiants le qualifiaient. Il avait des petits airs de Robin Williams, et tout le monde était certain que sans sa barbe, ils seraient des sosies. Il commença le cours en chauffant la voix des étudiants. Maxime était placé dans les ténors avec Yvan. Il avait une voix si pure qu'elle ne passa pas inaperçue. Après l'échauffement, le professeur annonça le programme de l'année. Les étudiants ne purent cacher leur joie à l'annonce du Requiem de Mozart.
A la fin de la journée, les nouveaux de Musique restèrent un peu devant la faculté de lettres, puis, chacun prit la direction de leur chez eux.
Metz était une ville magnifique, mais il n'en était rien face à ce qu'elle était la nuit. La cathédrale, le Temple, ... toute la ville brillait de mille feux. Un spectacle que tout le monde rêverait voir du ciel. Et c'est ce que DI pu réaliser. Le petit Etre venu des étoiles avait bien grandi. Il avait aujourd'hui une taille adulte. Il portait un costume bleu, avec de larges coutures blanches au niveau des épaules, et un sigle en forme de diamant sur le corps dans lequel était inscrit DI. Les deux lettres ainsi que le contour étaient en métal doré sur fond blanc. Il avait une ceinture blanche, avec une double épaisseur dorée sur le milieu, et une boucle argentée. Il avait des bottes d'un jaune très pâle, proche du blanc, ainsi que des gants d'un jaune un peu plus prononcé. Il portait aussi une longue cape d'un bleu nettement plus foncé que son costume. Enfin, il portait sur les yeux un casque plutôt fin, noir, qui lui entourait le tour du crâne. Devant ses yeux, il avait une visière rouge.
Il vola au dessus de la ville en regardant attentivement toutes les lumières de Metz. Le ciel était plutôt nuageux. Il arriva au dessus de l'Ile du Saulcy. Soudain, sans comprendre ce qui lui arrivait, il se mit à tomber en direction du plan d'eau situé à côté du campus. Il essaya de s'envoler, mais il ne put empêcher sa chute. Au dernier moment, une bulle se forma autour de lui. Elle freina sa chute et rebondit deux fois sur l'eau avant de rouler jusqu'au bord. Lorsqu'il arriva à terre ferme, la bulle était prête à rouler encore, mais DI savait comment la faire disparaître. Il couru en ralentissant pour freiner sa course, et fini par s'arrêter. Il regarda autour de lui.
- Qu'est ce qu'il m'arrive ?
Il essaya de s'envoler à nouveau, mais ne réussit pas. Il s'apprêta à courir, quand soudain, il vit un flash en direction de l'Ile. Il regarda attentivement et vit une fille aux longs cheveux blonds. "Ce visage m'est familier", se dit-il.
Soudain, la jeune femme se fit agresser par deux personnes. Il l'entendit hurler. Les malfrats ne la brutalisèrent pas mais ils l'enfermèrent dans une voiture noire qui démarra aussi tôt.
- C'est parti, lança-t-il.
Il sauta en l'air pour s'envoler, et retomba aussitôt dans l'eau. Sa bulle ne se forma pas! "Elle est bien bonne celle là!" Il forma sa bulle de lui même. Il se mit alors à flotter sur l'eau. Il couru en direction de l'Ile, et arrivé au bord, sauta sur la terre ferme. Il fit disparaître sa bulle, et se mit à courir aussi vite qu'il le put derrière la voiture. Cette dernière traversa le pont qui chevauchait la Moselle, grilla deux feux rouges et entra sur l'autoroute. DI la suivit du mieux qu'il pouvait. Au fur et à mesure qu'il courrait, sa vitesse augmentait. Les kidnappeurs devaient rouler à 180 km/h. Ils slalomaient entre les voitures. Le jeune alien en fit de même, il ne se laissa pas distancer. Un des hommes de la voiture sorti par la fenêtre avec une mitraillette. DI prit peur, et au moment où il fit feu, il ferma 1 seconde les yeux, et sentant qu'il était toujours vivant, les rouvrit. Il vit alors sa bulle se forma à l'approche de chaque balle. Il eut un léger rire, et repris sa course de plus belle. Il gagna du terrain sur le véhicule. Les balles ricochaient toujours sur sa bulle. Lorsqu'il fut assez près, il sauta et retomba sur le toît de la voiture. Elle fit alors des zig-zags pour essayer de le faire tomber, mais en vain. DI brisa la vitre arrière gauche et assomma un des malfrats à côté de la jeune fille, et avant que le second se rende compte de ce qu'il venait de se passer, le jeune héros brisa l'autre vitre et le frappa à son tour. Puis, il entra par la fenêtre côté passager, le conducteur sortit une arme que DI lui ôta rapidement des mains avant de l'assommer à son tour. Il se tourna vers la demoiselle qui portait des menottes :
- Tout va bien? demanda-t-il.
- Pas vraiment, dit-elle d'un air paniqué. On va se tuer !
Elle lui fit signe de regarder devant lui. Alors il vit que la voiture continuer sa course. Il essaya de s'envoler mais n'arriva pas.
- Vous ne savez pas conduire?
- Techniquement, non! répondit-il.
- MAIS FAITES QUELQUE CHOSE, hurla-t-elle.
La voiture se rapprocha des autres. Il essaya de s'envoler encore. Il n'y arrivait toujours pas. Sentant que la collision était imminente, il forma sa bulle autour de la voiture. Il essaya encore une fois de s'envoler. Toujours rien. Il y avait un camion devant eux. Il savait qu'avec sa bulle, ils ne risquaient rien, mais il y aurait sûrement un carambolage. Dans un dernier élan, il s'ordonna à lui même de voler, et son dos se colla au toit de la voiture. La bulle s'envola alors, avec le véhicule à l'intérieur. Il passa au dessus du camion, vira sur la droite pour quitter la voie d'autoroute et éviter ainsi d'attirer plus d'attention que jusqu'à maintenant.
Il retourna jusque Metz, déposa la voiture devant l'Hôtel de police et mis la tête d'un des kidnappeurs sur le klaxon pour alerter les policiers. Quand plusieurs furent sortis, il expliqua rapidement la situation. Ils restèrent sans voix. Comment expliquer qu'une voiture et les malfrats qui avaient enlevé une jeune femme venaient d'être déposé devant le commissariat par une personne qui portait un costume et qui savait voler ?
DI se proposa de ramener la jeune fille chez elle. Il la souleva du sol et s'envola avec elle.
- Vous n'avez plus de problème pour voler?
- Apparemment non. Comment vous appelez-vous?
- Karine. Et vous?
- DI. Comme mon logo.
- Je l'aurais prononcé "dis".
Il arriva chez elle. Il descendit doucement devant sa porte et la déposa en douceur.
- Je dois vous laisser, dit-il.
- Vous ne voulez pas parler un peu? Vous m'avez sauvé la vie.
- Que voulez vous savoir?
- Heu... d'où venez vous?
- Je ne sais pas. Je sais que je ne viens pas de cette planète, mais je ne sais pas d'où. Le seul message que j'ai eu de mon peuple, c'était "Utilises tes pouvoirs pour faire le bien".
- Pourquoi vous ont-ils envoyé?
- Je ne sais pas.
- Vous ne savez pas grand chose, dit-elle avec un léger sourire.
Il rougit légèrement.
- Je dois y aller.
- On vous attend? demanda-t-elle.
- Peut-être bien.
Il eut un sourire et s'envola. Elle cria alors "Merci". Il se retourna et lui lança "Je vous en prie". Elle resta un peu songeuse, heureuse de cette rencontre. Puis rentra chez elle.